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partie centrale qui "pousse"

Un colloque se penche sur la question

 

 

Ce sont des conférences et des débats passionnants qui attendent le public du colloque « Sauver l’honneur ? » ouvert à toute personne intéressée. Un titre sous forme d’interrogation qui en dit long sur l’éventualité d’une perte de la valeur de l’honneur et des actes ou réflexions qui en découlent. L’honneur est-il une notion dépassée ? Pour se persuader du contraire, il suffit de rappeler les articles parus dans les journaux lors de la crise entre Berne et Tripoli: il fut écrit que Hans-Rudolf Merz avait perdu l’honneur de la Suisse en mal négociant l’affaire des otages. « L’honneur perdu de la Suisse » est aussi le titre d’un documentaire diffusé le 6 mars 1997 au sujet du passé de la Suisse lors de la Seconde guerre mondiale. Dans les deux cas, cela prouverait que la notion d’honneur garde une grande résonance dans le public. Or, la portée significative de ce concept varie selon les époques et les cultures. Pour reprendre l’exemple de l’affaire Suisse-Libye, on assiste à l’affrontement de deux sortes d’honneur : celui d’un Etat au sens moderne et celui d’un clan au sens féodal.

 

À la mémoire de Jean-François Bergier

L’un des  mérites de ce colloque est de donner un copieux exemple des diverses situations où se noue la question de l’honneur : des littératures antiques et médiévales (latine, française, scandinave, anglaise) aux caractéristiques de  la notion de l’honneur en islam, en passant par des approches linguistiques, anthropologiques, philosophiques, théologiques et bien sûr historiques. Samedi 20 mars, le colloque se terminera par une matinée dédiée à la mémoire de l’historien Jean-François Bergier (1931-2009), qui aurait souhaité apporter sa contribution à ce colloque, et dont les travaux sur la situation historique de la Suisse à l’époque de la Deuxième guerre mondiale ramènent aussi à la question de l’honneur.

 

 

Une notion ambigüe

L’honneur est-il une vertu ? Pas facile de répondre à cette question : une certaine conception de l’honneur peut-être associée à la mort et à la violence, comme dans le cas du crime d’honneur encore en vigueur dans de nombreux pays ; l’honneur chez Corneille comporte une dimension de retour sur soi et de générosité qui n’a plus cours aujourd’hui. Pourtant, il semble que l’honneur, de notion identitaire et clanique qu’il était au départ, soit devenu une notion plus généreuse, moins paralysante, et peut-être même un principe de civilisation. Le passage de l’honneur simple ou clanique à l’honneur complexe ou moderne rendrait compte, autour du XVIe siècle, de l’émergence de la conscience individuelle et d'une autonomisation de l’individu. Aujourd’hui, l’honneur disparaissant aurait tendance à se laisser suppléer par le droit…

Universitaires et gens de terrain

Après « Les frontières de la tolérance », (2009) « Sauver l’honneur » (2010) est la seconde d’une série de quatre rencontres interdisciplinaires où sont interrogées des valeurs fondamentales de notre identité individuelle et collective, entre hier et aujourd’hui. Les rencontres, dont le point de départ est un humanisme accueillant à la diversité des opinions et des sensibilités, sont placées sous le patronage du Programme Interdisciplinaire d’Études Catholiques (PIEC). L’idée est d’associer, dans un forum accueillant, des représentants de diverses disciplines universitaires et des témoins non universitaires de la société actuelle. La « Table ronde » du vendredi 19 mars en sera un bon exemple. À noter déjà qu’en 2011 la confiance sera à l’honneur (pour ainsi dire) et le cycle se terminera en apothéose avec une rencontre orientée vers la notion du sacré (2012).

 

Programme du colloque (pdf)